CONTEXTE GENERAL :
L’activité apicole est une pratique exercée depuis longtemps par les ruraux malgaches que ce soit en cueillette ou en élevage. Plusieurs projets de développement ont entrepris des actions visant l’intensification de cette filière au niveau de leurs paysans cibles car c’est une activité rémunératrice pouvant améliorer les conditions d’existence des paysans. C’est également une pratique qui dépend en grande partie de l’utilisation des ressources naturelles dont la bonne gestion et la réservation sont des facteurs importants à prendre en compte pour le développement économique du monde rural et par voie de conséquence, qui participe à la lutte contre la pauvreté.
Contexte mondial
Le miel est un produit consommé par l’homme depuis fort longtemps. D’ailleurs la "cueillette" des essaims sauvages était déjà représentée sur les parois des grottes préhistoriques. De nombreuses cultures ont ensuite attribué à l'abeille une valeur symbolique particulière, voire un statut d'animal sacré, et le miel, aliment et médicament, a été utilisé comme offrande rituelle. Il reste aujourd’hui un aliment apprécié pour ses qualités gustatives originales et pour sa richesse en énergie. La production mondiale excède 1 million de tonnes par an. Dans les pays les plus producteurs (Asie, Europe, Amérique). Les techniques apicoles sont très modernes et sont soumises à des réglementations et normes rigoureuses. En Europe, pour être considéré comme apiculteur professionnel, il faut exploiter au moins 150 ruches avec des apiculteurs qui possèdent jusqu’à 4 000 ruches. L’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord sont les principaux producteurs de miel. En 2000, selon la FAO, 1 246 000 tonnes de miel ont été produites dans le monde dont
- 35,9 % par l’Asie (447 000 tonnes de production) où la Chine vient en tête (avec 250 000 tonnes),
- 23,3 % par l’Europe (290 000 tonnes)
- 16,5 % par l’Amérique du Nord et Centrale (205 000 tonnes).
Environ 30 % de cette production fait l’objet d’une transaction commerciale internationale. La Chine était le principal fournisseur mondial de miel mais suite au problème de trace de Chloramphénicol, les plus grands importateurs tels que l’Europe et l’Amérique du Nord ont abandonné l’approvisionnement en miel de Chine. L’Argentine, le Mexique et le Canada sont maintenant parmi les plus grands exportateurs mondiaux de miel.
Concernant les pays consommateurs de miel, le Japon importe quasiment la totalité de sa consommation : 40 000 tonnes de miel importé contre une production de 3 000 tonnes. L’Union Européenne (196 000 tonnes d’importation face à 110 000 tonnes de production) est également un grand pôle de consommation de miel avec les Etats-Unis d’Amérique (90 000 tonnes importés contre une production de 100 000 tonnes).
Le tableau ci-après donne un aperçu du commerce international du miel.
Tableau 1: Situation de la production et du commerce mondial de miel en 2000
|
Continent |
Production (tonnes) |
Importation (tonnes) |
Exportation (tonnes) |
|
Afrique
|
143 000 |
2 000 |
0 |
|
Amérique du
nord et Centrale |
205 000 |
94 000 |
60 000 |
|
Amérique du Sud
|
130 000 |
1 000 |
96 000 |
|
Asie |
447 000 |
64 000 |
121 000 |
|
Europe |
290 000 |
209 000 |
84 000 |
|
Océanie |
31 000 |
|
12 000 |
|
TOTAL mondial |
1 247 000 |
370 000 |
374 000 |
Actuellement l’interdiction d’importation du miel de Chine sur les principaux importateurs (Union Européenne et USA) a engendré un grand déficit du marché mondial du miel. C’est donc une opportunité pour des pays « petits producteurs » de se professionnaliser pour essayer de combler ce déficit. Si par le passé le miel malgache était très prisé au niveau du marché extérieur (notamment européen), cela n’est plus le cas actuellement en raison de la dégradation du niveau de qualité et du volume de miel produit. Toutefois, en 2000 et 2001, Madagascar a pu exporter respectivement 13,3 et14,1 tonnes de miel à destination des Comores, de Maurice et la République de Corée. En 2002, cette exportation a été réduite à 0,8 tonnes
Contexte national :
- CONTEXTE GEOGRAPHIQUE ET ECOLOGIQUE
Madagascar possède une variété écologique permettant aux abeilles de trouver des conditions optimales pour travailler. D’ailleurs la race d’abeille malgache : Apis mellifera var unicolor est une race travailleuse, docile et indemne de certaines maladies (la loque et la varois).De plus, malgré une rapide évolution de la dégradation de la couverture forestière malgache,l’Ile dispose encore d’un potentiel mellifère sous exploité.Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, sans parler des Hauts Plateaux, du miel est produit avec diverses origines florales grâce aux multitudes de plantes mellifère (endémiques ou introduites comme l’Eucalyptus).
A Madagascar, la cueillette est une pratique encore dominante par rapport à l’apiculture dans les modes de production de miel à côté de l’apiculture
- CONTEXTE HISTORIQUE ET ECONOMIQUE
Le miel a été l’un des principaux produits avec lesquels Madagascar a établi des relations commerciales avec l’extérieur. Entre 1920 et 1940, plusieurs milliers de tonnes de miel auraient été exportés et procurés des devises au pays. La qualité du miel s’est par la suite détériorée en raison de diverses falsifications (ajouts de matières étrangères). Madagascar a donc perdu une bonne partie de son marché extérieur principalement l’Europe.
Actuellement, le commerce du miel n’apporte quasiment plus rien à l’économie du pays par rapport aux autres produits agricoles d’exportation. Ces quantités de miel exportées restent insignifiantes.
- CONTEXTE INSTITUTIONNEL
Depuis la création de la Division de l’apiculture au sein du Ministère de la Production
Animale et des Eaux et Forêts (MPAEF) en 1963, l’apiculture malgache a connu diverses assistance et appuis.
Au niveau des institutions publiques, différents Ministères sont impliqués dans le développement de la filière apiculture. Il s’agit : - du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche; - du Ministère de l’Environnement et des Eaux et Forêts ; - et du Ministère de l’Industrialisation, du Commerce et du Développement du Secteur Privé.