LES RECOMMANDATIONS
Au niveau de la production
RATTRAPER LES RETARDS TECHNOLOGIQUES
- Renforcer les services en matière d’appuis techniques
Les actions des opérateurs actuels d’appui à la diffusion de techniques modernes apicoles sont intéressantes mais restent limitées en nombre de paysans concernés. Il serait nécessaire de toucher un nombre d’acteurs plus important pour avoir un impact significatif sur le volume de la production.
On peut proposer d’axer davantage les interventions sur :
- le développement de centres de formation régionaux pouvant constituer une structure de service de proximité permanente auprès des populations rurales. Ce type de centres existent déjà dans certaines régions. C’est le cas du Centre SAHAFANILO de Sadabe et du Centre des Soeurs Bénédictine à Mananjary. Ils ont aménagé des lieux de démonstrations pratiques qui permettent aux formations dispensées d’être plus efficaces.
- la diffusion large des manuels et fiches techniques accessibles aux paysans. Dans la région du Sud Est, certains apiculteurs ont entrepris dans ce secteur grâce à ce type d’outils.
- les échanges paysans. Il est nécessaire de valoriser les expériences réussies et avancées en matière d’apiculture. Des paysans de l’Ouest de Madagascar ont été convaincus de l’intérêt de l’apiculture moderne en voyant la réussite d’autres paysans sur les Hautes Terres.
- la formation des leaders au sein des groupements paysans. Ils pourraient servir de relais auprès des autres paysans pour favoriser la diffusion des connaissances et des pratiques acquises.
- Augmenter le nombre de techniciens spécialisés en apiculture
Pour assumer leurs attributions, les Services décentralisés doivent être dotés de personnels qualifiés et en nombre suffisant. Il faudrait donc former des personnes ressources dans des organismes spécialisés pour pouvoir assurer à la fois la formation de formateurs et la formation des apiculteurs.
De plus, il faudrait former au niveau des écoles agricoles et d’ingéniorat en sciences agronomiques, des spécialistes en apiculture pour pouvoir à terme disposer d’un réservoir de techniciens compétents. Sur certaines régions étudiées, des écoles agricoles existent
(Toamasina, Fianarantsoa, Morondava) et pourraient développer des filières de spécialisation. Elles pourraient d’ailleurs dans ce cas héberger des centres de formation régionaux destinés à la fois à la formation de techniciens mais aussi à la formation des apiculteurs.
Les techniciens d’élevage sortis des écoles agricoles ne sont aujourd’hui jamais suffisamment spécialisés en matière d’apiculture et manquent cruellement de pratique.
- Développer la recherche
Pour une meilleure connaissance des plantes mellifères et du phénomène de désertion des abeilles, il serait fondamental que des recherches puissent être menées. Les résultats de ces recherches devraient permettre aux apiculteurs :
- de maîtriser les périodes pour mener chaque opération à partir de la connaissance des différents calendriers de floraison des essences mellifères disponibles dans leur région ;
- de prendre les dispositions nécessaires pour faire face au perpétuel problème de désertion des essaims si celui-ci est bien lié à la conduite technique de l’élevage ;
- de faire le choix des meilleures plantes mellifères à reboiser afin d’avoir une production du miel continue sur toute l’année et qui serait spécifiée selon l’origine florale.
FACILITER L’ACCES AUX MATERIELS
- Favoriser l’acquisition des matériels au sein des associations
Les caisses mutualistes ne sont pas toujours suffisamment utilisées par les paysans qui finalement ne disposent pas de suffisamment de moyens pour investir dans l’activité apicole.
Le phénomène de regroupement des paysans (ex : 200 associations d’apiculteurs recensés dans la région Amoron’i Mania) pourrait être un moyen pour faciliter l’acquisition des matériels apicoles.
En mettant leurs moyens en commun, ils pourraient se doter plus facilement d’équipements comme les extracteurs ou d’autres petits matériels (voiles, enfumoirs,..). L’utilisation et l’entretien des équipements feraient l’objet d’une organisation interne. Les apiculteurs qui sont actuellement arrivés à avoir 50 à 80 ruches sont partis pour la majorité de 4 ou 5 ruches.
- Former les apiculteurs à la confection de ruches artisanales
L’initiation aux techniques de fabrication des ruches répondant aux critères requis et utilisant les matériaux disponibles est essentielle. Les apiculteurs pourraient ainsi se doter de ruches productives à moindre coût et donc plus facilement augmenter le nombre de ruches exploitées.
· Au niveau de la commercialisation
- Mettre en place un système permettant d’assurer la qualité du miel
Il faut absolument mettre en place des centres régionaux de traitement et de regroupement des produits apicoles afin de maîtriser la qualité et assurer la traçabilité. Dans la législationmalgache, pour que le miel soit exportable, il doit sortir d’un centre de traitement agrée par les autorités nationales. C’est à la Division apicole que revient l’agrément de ces centres.
Ces derniers peuvent être mis en place par les acteurs du secteur privé.
L’existence de ces centres constitue aussi entre autre une garantie pour les consommateurs nationaux de la qualité du miel et un moyen pour les apiculteurs pour mieux écouler leurs produits. A Ambositra, ce besoin se fait sentir en raison du volume important de la production et de l’importance du nombre d’acteurs qui exploitent le miel.
Ces centres seront à gérer par des opérateurs privés qui ont plus de facilité d’établir des relations commerciales avec les exportateurs et même les importateurs des pays demandeurs de miel. D’autant plus que ces opérateurs peuvent être eux-mêmes les exportateurs.
de tous les acteurs de la filière (producteur, collecteurs, transporteurs, négociants, exportateurs…) sur les précautions à prendre pour garantir la qualité et la stabilité des produits de l’apiculture :
- caractéristiques physico chimiques du miel ;
- maturité du miel ;
- périodes de récolte ;
- hygiène à l’extraction et méthode utilisée ;
- lieu et température de stockage ;
- utilisation des pesticides.
Chaque acteur doit être tenu au courant des différentes exigences sur la production et le traitement du miel pour obtenir un produit de qualité.
Une instance de concertation des opérateurs de la filière doit jouer ce rôle de sensibilisation et de véhicule d’informations à partir du regroupement des acteurs de la filière.
sur la commercialisation du miel, la réglementation sanitaire, les mesures à prendre en cas de problème sanitaire sur les produits apicoles ou sur les ruchers. Considérer séparément le miel issu de la cueillette et celui issu de l’élevage.
· Au niveau de l’organisation de la filière
- Mise en transparence de la filière et mise en place de circuits pour assurer la traçabilité du miel
Il s’agit d’arriver à connaître chaque acteur intervenant dans la filière (origine, stockage, transport…) et définir les responsables en cas de problème.
Les collecteurs et les conditionneurs de miel, doivent être en mesure de remonter le circuit de leurs miels afin de pouvoir instaurer la traçabilité : une démarche nécessaire s’ils veulent conquérir le marché extérieur.
Les centres régionaux de traitement, qui vont travailler avec les organisations paysannes, peuvent constituer un moyen efficace pour assurer cette traçabilité en mettant directement en contact les vendeurs et les acheteurs. Au niveau de ces centres, les lots de miel conditionnés doivent être codifiés en fonction de l’apiculteur et de son lieu d’exploitation, de la date de conditionnement. Des organisations sont donc à mettre en place aussi au sein des apiculteurs et groupements d’apiculteurs.
Avec le miel de cueillette, c’est quasiment impossible de mettre en place cette traçabilité : les essaims sauvages sont détruits au moment de la cueillette.
Un groupement national a été récemment créé regroupant différents types d’acteurs de la filière apicole (producteurs, exportateurs, conditionneurs). Pour favoriser la participation des petits producteurs paysans il faudra envisager une décentralisation de ce groupement en mettant en place des organes de concertation régionaux.
· Au niveau de l’Environnement
- Favoriser le reboisement avec des espèces mellifères.
Connaître les espèces mellifères de la région et le calendrier de floraison pour spécifier le miel. On doit aussi favoriser la plantation de plants ayant un autre intérêt que la production de miel ex : l’Eucalyptus pour la production de bois de chauffe ou de bois d’oeuvre.
- Valoriser le rôle de pollinisation des abeilles
Les actions de vulgarisation de certains acteurs d’appui en plantation d’arbres fruitiers est un moyen pour augmenter la production apicole et pallier à la déforestation.
Toutefois il faut veiller à assurer l’écoulement par des actions d’appui à la commercialisation, les fruits produits.
- Rendre la fiscalité au service des actions en faveur de l’Environnement.
A travers les ristournes collectées dans le cadre de la commercialisation du miel, les liens qui associent l’apiculture et l’Environnement pourraient être pérennisés par des actions de conservation : sensibilisation, reboisement, …Avec le montant actuel de ces prélèvements
(100 fmg par litre) on ne peut pas prévoir des actions de grande envergure mais c’est une contribution à la préservation des ressources forestières. Augmenter le taux ne semble pas praticable ni pour les producteurs ni pour les acteurs commerciaux ni pour les consommateurs. On peut proposer à ce que les ristournes issues de la collecte et de la commercialisation du miel soient en totalité versées aux communes pour qu’elles puissent les utiliser dans des actions en faveur de l’Environnement.
- Contrôler l’utilisation des produits nocifs à l’Environnement et pour les abeilles
- Eviter l’apiculture près des plantations industrielles (canne à sucre, coton, tabac) qui utilisent beaucoup de pesticides.11
- Encourager l’utilisation de produits biologiques dans les traitements des cultures vivrières
- Eviter l’épandage généralisé d’insecticides pour la lutte anti-acridienne ou bien utiliser des produits spécifiques, non nocifs pour les abeilles.