Les avantages de l’approche
Permettre aux paysans d’être sensibles à la qualité
L’approche par la base permet à la recherche de fonctionner selon les besoins des paysans, des transformateurs et des opérateurs économiques. Elle fait éclater le cloisonnement qui sépare ces différents acteurs et permet à ces derniers de mieux affronter le marché à leur échelle respective.
Cet extracteur permet d’obtenir du miel de qualité répondant aux exigences du marché. La recherche aide les apiculteurs à s’en approprier.
Avec l’intégration régionale au niveau de la Communauté de développement de l’Afrique orientale et australe (SADC), du Marché commun de l’Afrique australe et orientale (COMESA) et de la Commission de l’océan Indien (COI), des nouvelles filières d’exportation émergent. On peut citer le miel, les agrumes dont notamment les oranges, l’élevage caprin et ovin. Cette émergence s’accompagne de contraintes diverses auxquelles le système de recherche habituel ne peut pas toujours répondre. C’est là que le FCRA apporte sa contribution pour les résoudre d’une manière rapide et adaptée aux besoins des acteurs ruraux. L’approche du FCRA débouche aussi sur un changement de mentalité des paysans :
- D’habitude, ces derniers se soucient uniquement de trouver des solutions à des problèmes qui ne leur facilitent pas l’accès au marché local ou national.
- Grâce à l’approche du FCRA qui les met en contact avec les opérateurs économiques dont des exportateurs, ils sont plus sensibilisés à la qualité des produits et à l’augmentation du rendement non seulement pour répondre à leurs segments de marché habituels mais aussi à des demandes touchant l’exportation.
Dans son approche, le FCRA procède aussi au recensement de toutes les recherches agricoles. Il vise ainsi deux objectifs :
- constituer une base de données sur ces recherches plutôt éparpillées et pas toujours faciles d’accès
- éviter au FCRA de financer des recherches déjà effectuées par d’autres entités et éviter ainsi des pertes de financement et de temps
Les résultats sur terrain
Dans la commune rurale d’Ambatomena, district d’Antsirabe II, 400 paysans ont mis en terre chacun une moyenne de 1.700 plants de géranium avant l’an 2000. Mais le flétrissement bactérien qui attaque les feuilles a décimé jusqu’au tiers de leur plantation. Ils ont parlé de leur problème au FCRA et celui-ci a déclenché le processus pour trouver une solution. Ces paysans également regroupés en coopératives approvisionnent en feuilles de géranium l’entreprise Agrico. Celle-ci transforme ces feuilles en huiles essentielles biologiques exportées sur l’Europe.
Une paysanne, Mariette Rasoanindrina témoigne du changement : « J’ai plus de 5.000 plants en 2008. Avant 2000, nous étions pauvres. Grâce à de nouveaux intrants issus de la recherche financée par le FCRA, dont l’engrais organique amélioré et un mélange d’eau et de bouse de vache macéré pour prévenir le flétrissement des feuilles, nous augmentons notre production. Notre niveau de vie s’améliore par la même occasion ». Cette femme peut ainsi scolariser ses 2 enfants. Elle investit aussi dans l’élevage de porcs et de volailles. Question sécurité alimentaire, elle peut acheter suffisamment de riz à la récolte pour éviter les prix exorbitants en période de soudure. L’objectif de cette paysanne est de cultiver 10.000 plants.
Jean Noël Ratsimbazafy, un autre paysan compte déjà 20.000 plants en 2008 dont le coût d’exploitation est de 1 milliard Ariary. En 2007, ce paysan a vendu 3 tonnes de feuilles de géranium et dégagé un bénéfice de 500.000 Ariary. Il scolarise ses 5 enfants, assure une alimentation saine à sa famille et fait de l’élevage. En 2007, il a acheté 2 zébus.
Les résultats de recherche financée par le FCRA ont permis à ces paysans d’améliorer l’engrais organique avec des légumineuses et de l’engrais chimique pour augmenter le rendement et améliorer la richesse en huile des feuilles. Pour ceux qui n’ont pas de zébus, ils utilisent des légumineuses comme engrais.
En 2007, Agrico a acheté 100 tonnes de feuilles auprès des paysans à raison de 200 Ariary/kg, soit environ 20 millions Ariary. Grâce au développement des plantations en milieu paysan qui coïncide avec l’existence de demandes d’huiles essentielles sur le marché européen, Agrico a investi en 2008 dans une nouvelle distillerie d’une capacité de 3 tonnes de feuilles ou 6 kg d’huile essentielle par jour. Cet investissement lui a coûté de 400 millions Ariary. En 2008, le kilo d’huile de géranium se vend en moyenne à 80 euros.
Des feuilles saines et abondantes, sources de revenu supplémentaires et non négligeables pour les paysans qui font de la culture de géranium une intéressante activité d’appoint