Les contraintes

Avec les cultures pérennes comme les orangers et les mandariniers, les résultats des recherches ne sont pas immédiats. Malgré tout, les paysans ont constaté une diminution des maladies qui attaquent leurs plantations. De plus, les orangers et mandariniers concernés par les recherches appliquées ont affiché une bonne vigueur lors de la période de pousse au printemps 2008.

 Les chercheurs sont obligés de conseiller l’utilisation de produits de traitement chimiques pour obtenir des résultats rapides. Certes, Madagascar en général et les zones concernées en particulier connaissent un niveau de chimisation très bas, mais on peut quand même opter pour des solutions biologiques. Pour ce faire, les chercheurs ont proposé aux paysans de leur apporter les matières premières susceptibles d’être transformées en engrais et en produits phytosanitaires pour analyses et recherches. Cette proposition formulée lors de la campagne 2007-2008 n’a pas encore reçu un écho jusqu’ici.  

Les paysans sont très motivés pour participer à la recherche mais il faut savoir trouver le moment opportun pour les impliquer étroitement dans les activités de recherche (sur la photo : un paysan observe un orange avec un microscope).

Les chercheurs signalent aussi la lenteur dans le démarrage des recherches et les contraintes qui en résultent plus tard :

  • Au début, peu de paysans s’intéressent aux formations.

  • Lorsque les matériels et les intrants arrivent, ils affluent alors que les seuls bénéficiaires de ces dotations sont les membres des organisations paysannes qui ont soulevé les problèmes et reçoivent l’appui du FCRA/PSDR.

  • Certains paysans parlent ainsi de discrimination.

  • Il a donc fallu proposer les formations à toux ceux qui s’y intéressent et expliquer la genèse des projets de recherches.


il faut que les différentes chaînes soient bien huilées pour faire tourner efficacement les rouages de cette filière agrumes en pleine relance.

 Les paysans diminuent souvent les doses prescrites dans les formules d’engrais et de traitement phytosanitaire. Non habitués à utiliser ces intrants, ils pensent que les chercheurs peuvent exagérer et qu’ils peuvent faire plus avec des doses inférieures aux recommandations des techniciens. La diminution des doses peut être tolérée pour l’engrais mais pour les produits de traitement, elle ne favorise pas une guérison rapide et efficace des maladies.      

 Il faut aussi un suivi régulier pour inculquer aux paysans la culture de l’entretien de leurs plantations car selon Rakotondravelo, il ne suffit pas de planter mais de prendre aussi soin de ses arbres fruitiers si on veut obtenir des bons résultats. Seulement, le financement FCRA/PSDR n’est pas pérenne pour assurer un suivi régulier. C’est pourquoi le département Agriculture de l’Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques (ESSA) suggère de former des jeunes planteurs chargés d’assurer plus tard le suivi permanent des plantations.  

 La proposition de solutions radicales comme le déplacement des plantations (le cas d’Ambohijafy) est refusée par les paysans pour des questions foncières et d’habitude. Tant que les plantations sont pourtant situées sur le bas-fond, les orangers et mandariniers continueront de subir les aléas de la cohabitation avec les cultures maraîchères et l’inondation pendant la saison de pluies.

 Mener des recherches participatives en milieu paysan et avec les paysans oblige les chercheurs de s’adapter au rythme de ces derniers : il faut toujours chercher les moments opportuns pour les formations en salle (le jour de marché vers 11h, soit après les courses) et les descentes sur terrain (très tôt dans la matinée, c'est-à-dire avant le départ des paysans aux champs).

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