CONTEXTE GENERAL
Le problème de la certification pour l’exportation :
La plupart du temps, la certification est obtenue à l’issue de quelques visites des certificateurs auprès des acteurs (dont les paysans) qui intéressent les importateurs. Les sites visités peuvent être les parcelles de production, le hangar de stockage de l’exportateur… Ainsi, bon nombre de référentiels de normes internationaux comme Globalcap essentiellement axé sur les produits agricoles s’obtient dans les mêmes conditions.
Pour Faly Export dirigé par le jeune opérateur économique Faly Rasamimanana, ces quelques visites sont nécessaires pour obtenir le référentiel mais ne permettent pas de maintenir en permanence la qualité et l’hygiène des produits. C’est la raison pour laquelle, les fruits et légumes de Madagascar n’avaient pas une bonne réputation sur le marché régional et international. La preuve en est qu’en 2004, date à laquelle les Mauriciens ont commencé à s’intéresser aux pommes de terre de Madagascar, les paysans avaient beaucoup de mal à répondre à leurs exigences. Malgré une production de plus de 240.000 tonnes/an de pommes de terre par exemple (Le dernier recensement agricole 2004/2005 du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche), l’exportation en 2006 était seulement de 164,780 tonnes. La qualité et l’hygiène font partie des problèmes évoqués par les consommateurs mauriciens. Le marché mauricien consomme 16.000 tonnes d’oignon par an et Maurice produit seulement 30 à 40% de ses besoins. Il faut ajouter le marché des autres îles de l’océan Indien (la Réunion, les Seychelles, les Comores) qui représente un marché de 12.700 tonnes/an selon le Programme RuralStruc sur la filière pommes de terre.
L’oignon connaît le même problème : les demandes émanant des îles voisines dépassent les 9.000 tonnes/an mais l’offre de Madagascar ne dépasse pas les 2.000 tonnes de produits de qualité et répondant aux normes exigées par les importateurs. Le pays compte pourtant 3 grandes régions de production qui peuvent produire de l’oignon 8 mois sur 12. De plus, les qualités gustatives de l’oignon de Madagascar sont reconnues par les consommateurs des îles voisines.
Au lieu d’utiliser les paniers en bambou habituels (ou « garaba »), il faut opter pour les cageots en plastique pour transporter les produits.
L’alternative initiée par Faly Export
Le référentiel HOREB va au-delà d’un simple label puisqu’il développe une approche intégrée basée sur le commerce éthique
Afin de développer l’exportation répondant aux normes des importateurs et d’éduquer les consommateurs locaux à acheter des produits de qualité, l’entreprise a initié des actions intégrées depuis 2002. Ces actions ont permis d’aboutir à la récente mise en place d’un label ou plutôt d’un « référentiel de développement » appelé HOREB.
Ce projet intègre plusieurs acteurs dont :
- les paysans et leurs enfants ainsi que les autorités locales
- des ONGs
- une association évangélique
- des Centres de Santé de Base (CSB)
- le ministère en charge de la Santé
- le ministère en charge du Commerce