Le référentiel de développement HOREB
Initier le commerce éthique
Grâce à ce partenariat étroit entre ces différents acteurs, Faly Export a mis en place en 2008 le référentiel de développement HOREB ou Hygiene, Organization, Restoration of Environnement and Biodiversity. Selon les croyants chrétiens, le sigle fait référence au mont Horeb sur lequel Dieu a donné à Moïse les 10 commandements. Ce référentiel se veut plus qu’un label et prend comme point d’ancrage le commerce éthique développé cette fois-ci par une entreprise locale. Il est ainsi basé sur plusieurs indicateurs ayant comme toile de fond un commerce plus équitable. Les indicateurs portent sur :
- l’augmentation du revenu des paysans
- leur bonne santé : soit une nette diminution du taux de mortalité et des maladies
- l’augmentation des arbres mis en terre dans le cadre du reboisement et la diminution des arbres abattus
- l’accroissement de la demande de produits agricoles sous le référentiel HOREB
- la hausse du volume des produits aux normes sur le marché tant national qu’à l’export
Les résultats obtenus
La mise en place du référentiel de développement HOREB a déjà donné des résultats :
- Trois entreprises d’importation mauriciennes font confiance à ce référentiel et ont signé des contrats commerciaux de 3.000 tonnes d’oignons avec Faly Export. Parmi elles, on peut citer le leader mauricien de distribution de fruits et légumes SKC Surat également présent sur le marché réunionnais, sud-africain et des Emirats arabes unis. Deux de ces entreprises mauriciennes souhaitent même des contrats d’exclusivité pour HOREB. Les contrats commerciaux ont été signés lors du salon sur l’agribusiness « On the move » organisé à Maurice en septembre 2008. A cette occasion, des paysans ont accompagné Faly Export grâce au soutien du Projet cadre intégré du ministère en charge du Commerce et oeuvrant dans la promotion de la qualité des produits.
- 60 à 80% des 3.000 tonnes conclues avec les Mauriciens seront produits par Faly Export, le reste viendra des paysans qui travaillent avec elle.
- Le référentiel HOREB a également fait l’objet d’une promotion lors des rencontres interprofessionnelles dans le cadre des Journées Européennes de Développement à Strasbourg en novembre 2008.
- Les paysans qui travaillent avec Faly Export et qui respectent les différents critères de HOREB peuvent exporter directement chez les entreprises mauriciennes. Il s’agit donc pour ces paysans d’avoir un accès direct au marché. Ils n’ont pas encore exploité cet accès mais celui-ci est déjà un point non négligeable étant donné les difficultés sinon l’impossibilité pour les paysans d’accéder directement au marché de l’export.
- Les bénéfices dans les transactions commerciales sous HOREB sont divisés en 2 : la première moitié revient à Faly Export et l’autre aux paysans. Cette démarche inscrite dans un protocole d’accord évite aux paysans de passer par les intermédiaires et d’engranger ainsi plus de profits.
- D’ici quelques mois, l’oignon de Faly Export produit à Belanitra dans la région Analamanga sera aussi estampillé « HOREB ».
- Convaincu de l’approche de Faly Export, l’ancien représentant de la FAO à Madagascar et conseiller en agriculture auprès de la Présidence de la République, Martin Smith a aidé l’entreprise à acquérir des semences de qualité d’oignon venus de Hollande et cultivées sur 30 ha à Belanitra. L’entreprise dispose actuellement de 900 tonnes de semences pour honorer ses contrats avec les Mauriciens.
- Pour la campagne 2009-2010, les paysans qui travaillent avec Faly Export livreront des litchis sous référentiel HOREB. Ces fruits seront exportés. Pour le moment, seul 1/3 de la production nationale de litchis est exploité, alors que de nouvelles perspectives de marché s’ouvrent sur l’Europe de l’Est et les Emirats arabes unis.
Viser aussi le marché local
La signature de convention de partenariat pour la mise en œuvre du marché régional de Toamasina a vu la participation des autorités concernées
Les produits de qualité ne sont pas uniquement destinés au marché de l’export. Les consommateurs locaux aussi ont le droit de goûter à des produits de ce genre. Mais la plupart du temps, ils ne sont pas éduqués à consommer des produits aux normes. Avec le partenariat du Ministère de l’Agriculture, du Programme de promotion des revenus ruraux (PPRR) financé par le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), le Centre technique horticole de Toamasina (CTHT) et la Région Atsinanana, Faly Export travaille aussi sur la mise sur pied d’un marché régional à Toamasina.
Ce marché prévu être mis en place à la mi-2009 sera approvisionné par les producteurs qui travaillent sous le référentiel HOREB. L’objectif est aussi de donner une nouvelle image des produits de Madagascar pour un marketing pays plus efficace. Le financement de ce marché n’est pas encore bouclé et les initiateurs sont à la recherche de partenariats. Ce marché servira de vitrine aux produits de Madagascar, notamment pour percer des marchés comme celui de la SADC. Les paysans y apporteront directement leurs produits sans passer par les intermédiaires. Parmi les produits qui y seront proposés, on peut citer
- les épices
- les fruits et légumes
- le miel
- les produits artisanaux…
Un autre projet de marché interrégional devrait aussi voir le jour à Antananarivo. Comme pour le marché régional, il est appelé à proposer des produits aux normes et de qualité apportés directement par les paysans. L’objectif est le même :
- éduquer les consommateurs locaux à prendre des produits de qualité
- augmenter le revenu des paysans
- aider les paysans à produire toujours dans les normes pour faciliter la conquête du marché de l’export
- disposer d’une vitrine pour rehausser l’image des produits de Madagascar
Le marché de gros d’Anosibe dans la capitale laisse encore voir des produits étalés à même le sol